Un vaccin curatif contre le SIDA bientôt testé

C’est une étape qui pourrait s’avérer déterminante dans la lutte contre le SIDA, un essai clinique va être lancé à Marseille pour évaluer l’efficacité chez l’homme d’un vaccin curatif dirigé contre le VIH. Les tests vont être menés par l’équipe du laboratoire de biologie structurale de l’hôpital de la Timone dirigé par le Dr Erwann Loret qui est l’inventeur de la « molécule antisida » à la base du vaccin.

Cette molécule cible une protéine appelée TAT produite par le VIH et qui participe au développement du virus puis à sa multiplication dans les cellules infectées. Celle-ci agit également sur le système immunitaire et l’empêche de « nettoyer » les cellules contaminées. D’où l’intérêt que suscite cette protéine et plus particulièrement la possibilité de la bloquer. Le vaccin curatif a déjà été testé chez l’animal et a montré des résultats prometteurs, la prochaine étape consiste donc à évaluer cette efficacité chez l’humain.

Dirigés par le Dr Isabelle Ravaux, les tests seront menés sur 48 volontaires séropositifs qui ont été soigneusement sélectionnés par les chercheurs. « L’essai va se dérouler sur un an, en trois injections. Des doses différentes de vaccin seront administrées selon les groupes de patients, afin de déterminer laquelle est la plus efficace. L’un des groupes ne recevra lui que du placebo » précise le Dr Ravaux.

Pendant l’année d’essai, les sujets devront se plier à un suivi rigoureux et se présenter régulièrement au service pour que des contrôles soient effectués. De plus, tester le vaccin signifiera qu’ils devront arrêter leur traitement habituel. « Les patients séropositifs sélectionnés sont tous sous trithérapie. Ils devront interrompre ce traitement pendant deux mois pour que nous puissions valider la dose efficace du vaccin », ajoute le Dr Ravaux.

L’objectif du vaccin est de réduire l’infection par le VIH voire de parvenir à le bloquer et par là-même d’éviter aux patients d’avoir à prendre une trithérapie à vie, avec de lourds effets secondaires. Mais bien que cet essai soit d’une importance cruciale, le Dr Loret tient à rester prudent : « Surtout ne pas donner de faux espoirs aux malades ». Dans un an, à l’issue de cette première phase, un second test sera lancé cette fois-ci sur 80 patients.

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