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Essai clinique de Rennes, la molécule BIA 10-2474 en cause

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L'accident clinique de Rennes concernait l'essai de la molécule BIA 10-2474.

L'essai thérapeutique de la molécule a pris un tour dramatique, à Rennes. Sur moins d'une centaine de patients, un est décédé suite à une mort cérébrale, cinq autres sont dans un état critique mais stable, dont quatre avec des troubles neurologiques sans précision de leur gravité mais il est prévu des séquelles irréversibles. Cette molécule devait entrer dans la fabrication d'un nouveau médicament censé soigner l'anxiété. L'essai, ayant reçu l'aval des autorités sanitaires, avait été commandé par le laboratoire Biotrial pour Bial, un groupe pharmaceutique portugais. Cet essai concernait des hommes, âgés entre 28 et 49 ans. Le laboratoire a lancé plusieurs audits et deux inspections.

Trouble comportement alimentaire : anorexie mentale.

La molécule incriminée, qui serait à l'origine de cet accident thérapeutique, est le BIA 10-2474. Tout médicament commercialisé doit mentionner tous les effets indésirables constatés sur les patients. Cette molécule, avant d'être essayée sur l'homme, a été testée in vitro, puis sur des animaux, comme les chimpanzés. La molécule BIA 10-2474 est en cours de développement pour traiter, via un médicament, les troubles de l'anxiété, ceux liés à la maladie de Parkinson, les douleurs de la sclérose en plaque, le cancer, l'hypertension, l'obésité. Elle agirait sur les récepteurs des cannabinoïdes CB1 présents dans notre cerveau. Elle minimiserait les effets du cannabis. En psychiatrie, elle régulerait l'humeur, le plaisir la douleur avec ses propriétés antalgiques. Est-ce que cet effet indésirable, constaté sur les patients atteints, est-il vraiment inconnu ?

La molécule BIA 10-2474 serait donc une alternative aux corticoïdes qui font grossir. Comme tout nouveau médicament, le marché est porteur. Ces substances de la classe des anandamides bénéficient de recherches, en Europe, depuis le début des années 1990. Pour rappel, Rimonabant, commercialisé sous le nom d'Acomplia, de Sanofi, a dû être retiré du marché car les patients développaient des tendances suicidaires. Pfizer et Merck n'ont pas rencontré de problèmes sur leur médicament similaire. Le produit testé à Rennes n'aurait pas contenu de molécules cannabinoïdes. Ces dernières ont des effets neurologiques.

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