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Des algues à tout faire

Qu’elles soient rouges, brunes, vertes ou microscopiques, les algues n’ont jamais été aussi populaires. Mais le buzz porte d’abord sur leur potentiel énergétique, ce qui n’est pas pour demain car elles sont trop chères à produire à grande échelle, pour l’instant. « Surtout, c’est les prendre par le petit bout de la lorgnette. Dans les algues, il faut tout utiliser, comme dans le cochon. On doit les craquer, comme on craque le pétrole en pétrochimie pour fabriquer d’autres composés. C’est cette multiplicité d’utilisation qui les rendra rentables », insiste Dominique Duché du laboratoire français Céva.

Certaines applications existent depuis des lustres. En Asie, la consommation comme légume croît de 5% par an et absorbe la quasi-totalité des 20 millions de tonnes de macro algues produites dans le monde chaque année. Dans nos contrées, les alginates sont utilisés comme épaississants, gélifiants, émulsifiants et stabilisants de moult produits. Mais d’autres débouchés émergent, comme la nutrition animale ou la chimie du végétal. Et à plus long terme les algocarburants.

« Techniquement, on sait tout faire en laboratoire, le défi, c’est l’industrialisation, en aval côté transformation, mais aussi et surtout en amont, pour fournir assez de biomasse » explique le chimiste Jean-François Sassi, responsable du pôle Algue produit. Produire plus d’algues, mieux et pas cher. Passer de la récolte à la culture à grande échelle, ainsi sur les 70 000 tonnes françaises, seules 300 sont cultivées. Les domestiquer, contrôler leur reproduction et leur développement.

Une autre piste serait de coupler la production d’algues avec l’éolien offshore, l’ostréiculture et l’aquaculture. Outre le gain de place, élever des mulets par exemple au milieu des laitues de mer permettrait de nourrir les poissons tout en nettoyant l’eau de leurs déjections. L’ulve proliférerait aussi, mais en bassin. Et pour de bonnes raisons.

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