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A-t-on raison d'avoir peur du coronavirus ?

Les coronavirus sont une vaste famille de virus susceptibles de provoquer un large éventail de maladies chez l'homme, qui vont du rhume banal jusqu'au SRAS. Les malades présentent les symptômes d'une infection respiratoire aiguë et grave avec fièvre, toux, essoufflement et difficultés respiratoires. Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui a déjà tué 133 personnes dans le monde entier.

Le SRAS (ou syndrome respiratoire aigu sévère) est une pneumonie atypique provoquée par un coronavirus.

Un nouveau coronavirus - NCoV dans le jargon médical - a été détecté pour la première fois à la mi-2012. Il s'agit d'une souche particulière qui n'avait encore jamais été identifiée chez l'homme, ni chez l'animal.

Le premier cas de SRAS a été détecté en France le mercredi 8 mai, avec un homme qui revenait d'Arabie Saoudite, le pays le plus touché. L'homme de 65 ans, sous ECMO (oxygènation extra-corporelle) depuis cette date, "reste dans un état stable", indique par ailleurs le CHRU dans son communiqué. "Son état est jugé très sérieux et les médecins restent très réservés sur son pronostic vital", selon la même source.

Un autre patient a été infecté après avoir partagé pendant quatre jours la chambre à l'hôpital avec ce premier porteur du virus. Son état s'est aggravé mercredi 15 mai selon le CHRU de Lille, il a été placé sous oxygènation extra-corporelle.

Les deux patients sont toujours placés en isolement dans une chambre en dépression, en réanimation, précise le communiqué.

Une infirmière de Douai et un médecin du premier patient sont également suspectés d'être atteints de SRAS.

40 cas confirmés dans le monde ont été notifiés à l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) depuis septembre 2012 et 22 personnes sont décédées.

Dans le détail, 30 cas dont 15 décès ont été identifiés en Arabie Saoudite, deux cas (tous deux décédés) en Jordanie, quatre dont deux décès au Royaume-Uni, et deux cas dont un décès en Allemagne, a précisé le docteur Françoise Weber, directrice de l'Institut de veille sanitaire.

Selon le ministère, la plupart des personnes atteintes "ont séjourné, avant la survenue de symptômes, dans un des pays de la péninsule arabique ou dans les pays limitrophes".

L'Organisation mondiale de la santé a déclaré mercredi 15 mai avoir la preuve de la contamination de deux employés hospitaliers par des patients infectés en Arabie saoudite.

En 2003, une pandémie de pneumonie atypique baptisée SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), partie de Chine, avait causé la mort de plus de 800 personnes et avait suscité la panique dans le monde.

La pandémie aurait coûté au total quelque 54 milliards de dollars (41 milliards d'euros), selon des estimations de l'OMS. Ce chiffre inclut la chute des revenus touristiques (- 80% en Chine) et un manque à gagner de l'ordre de 50% pour les compagnies aériennes, les agences de tourisme, les restaurants et les chauffeurs de taxis. L'Asie du Sud-Est accuse "un recul d'environ 2 % du PIB au cours du deuxième trimestre 2003", a estimé "La tribune" en 2009.

Le coronavirus expliqué en détail par le professeur François Bricaire, chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Qu'est-ce que le coronavirus?

Le coronavirus se rapproche du virus du SRAS, qui avait touché la Chine en 2003. Alors, le virus s'était propagé à partir d'animaux qui avaient été infectés. Pour une transmission interhumaine, il faut être très proche de la personne infectée.

Quels sont les symptômes?

Les symptômes sont respiratoires, une gêne ou des troubles, une atteinte rénale ou, plus rarement une péricardite (une péricardite est une inflammation du péricarde — la membrane entourant le cœur ndlr).

Comment reconnaît-on la maladie à d'autres maladies connues?

Il n'y a pas de signes distinctifs spécifiques entre des maladies mieux connues. Il faut faire le lien avec la zone géographique où il est repéré ou le contact éventuel avec un patient atteint.

Existe-t-il un risque d'épidémie?

A partir du moment où l'on constate un nombre de cas qui augmente et une transmission interhumaine, on peut parler d'épidémie. Mais aujourd'hui, elle reste très limitée : seuls une trentaine de cas ont été détectés au Moyen-Orient.

En France, comment la propagation et l'évolutio du virus est-il maîtrisé?

Principalement par l'Institut de veille sanitaire (INVS) et une coordination au niveau national via les Agences de régionales de santé (ARS) et le ministère. Le mot d'ordre consiste à repérer les cas éventuels et à les isoler rapidement, et à respecter les règles d'hygiène en milieu hospitalier (port du masque et des gants). Il est très difficile de prévoir l'évolution de tels virus. Ces phénomènes peuvent s'arrêter d'eux-mêmes. Ce cas doit pouvoir se contrôler assez facilement.

A ce jour, il n'existe pas de vaccin mais les scientifiques pensent que le virus pourrait venir d'un coronavirus détecté chez des chauves-souris de Hongkong, car ils sont très proches génétiquement..

Un numéro vert, le 0800 13 00 00, "a été ouvert pour que les Français trouvent des réponses à leurs questions", a indiqué la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Recommandations de l'OMS

L'OMS invite les français à rester calme. Contrairement aux états arabes, les français doivent se demander s'ils ont été exposés à d'autres personnes qui ont été en Arabie Saoudite. Mais si trop de monde commence à se rendre dans les hôpitaux alors qu'ils ne sont pas malades, le système de santé risque être surchargé. Il faut que le système de santé soit disponible pour soigner les vrais malades. Il n'y a eu que 5 cas en France de personne infectée par le coronavirus. Le risque est donc très faible. Aucune transmission au sein d'une communauté a été enregistrée, seulement entre personnes ayant été en contact très proche, la majorité venant de l'environnement.

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